« Je suis avec vous »

Comité de la Jupe
eglise_maumont Abbaye de Maumont, intérieur de l’église.

Il est  six heures trente, je viens de l’église où nous avons prié en communauté une heure environ et je vous écris.

Qui êtes-vous, vous que je rejoins ou rejoindrai sur le net ?

 Car c’est bien vous qui m’intéressez, vous, dans votre histoire, votre pays, votre maison, votre regard. Pourquoi ? Parce que si je m’émerveille de la beauté d’une étoile (elles sont toutes là en ce moment à rire en me regardant vous écrire !) je sais bien que vous êtes infiniment plus précieux qu’une étoile puisque vous êtes en train de me lire avec curiosité. Une étoile ne sait pas lire, elle n’a pas de cœur, elle ne peut me rejoindre.

Vous ne pourrez me comprendre que si vous acceptez de vous étonner d’être là pour moi, personne unique, méritant une attention toute spéciale et soutenue, pleine d’espérance.

C’est parce que vous existez, vous tous autour de moi, menaçants ou rassurants, attirants ou bouleversants que j’ai décidé de vivre ici, dans un monastère, et de donner ma vie pour vous rejoindre incognito dans le cœur de Dieu.

J’ai été fascinée, c’est vrai, par Jésus de Nazareth qui le premier est tombé amoureux de nous tous sur la terre, hier, aujourd’hui et pour toujours.

Qu’a-t-il donc de plus qu’un autre, cet homme dont on a dit tant de choses magnifiques et tant d’horreurs ou de bêtises, sur qui la violence de nous tous s’est ruée jusqu’à le mettre à mort ?

Il n’est pas seulement un Juif pieux, un Rabbi, un Sage et un guide, il est là, devant moi, en moi, dans la puissance de son amour irrésistible et il m’appelle.

Il nous appelle tous, inlassablement, car notre Dieu nous a lancés dans l’aventure humaine et se porte garant de nous jusqu’à notre accomplissement dans l’amour. Pas mal comme destinée, non ?

Mais ne parlons pas de l’amour aussi rapidement et facilement, comme si nous avions fait le tour de la question.

L’amour va jusqu’au don de soi. Voilà ce qui est grave et juste, il ne recherche pas son intérêt mais celui de l’autre et ne prend pas, mais se donne. « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie » nous dit Jésus.

Celui qui donne sa vie (cela nous est déjà arrivé à tous !) ne sait pas qu’il la donne, il se dépasse alors, il entre dans le mystère le plus grand de son histoire, son propre “ciel», si j’ose dire, cette qualité de vie qui ne meurt pas.

Elle dit, la voix reconnue,

Que la bonté c’est notre vie

Que de la haine et de l’envie

Rien ne reste la mort venue. »

Paul Verlaine

Ne rêvons pas Dieu : Dieu est dans le réel le plus épais, s’il est vrai qu’il est notre créateur il ne peut ni abandonner ni déserter sa création !

Dieu s’écoute. Sa parole est vivante, on peut la trouver dans la Bible, le livre des livres, et là l’étudier, la méditer, la déguster, en découvrir aussi l’amertume car elle nous mène toujours plus loin dans le don de nous-mêmes, la mesure de l’amour étant d’aimer sans mesure…

Mais nous pourrions passer des heures, une vie, à nous parler de Dieu qui nous parle !

Or le temps passe, déjà sonne pour moi l’heure des Laudes, la prière de louange du matin, et je dois vous quitter pour aller vous retrouver autrement, dans le chant, dans la prière qui vous portera plus sûrement que mes mots malhabiles face à tout ceci qui est si grand, à Dieu !

Soeur Dominique,

moniale bénédictine de l’abbaye de Maumont

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Commentaires

Merci Soeur Dominique, Comme une main fraîche sur un front brûlant de fièvre, tes mots relèvent .

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