Marie-toi et sois soumise !

Comité de la Jupe

Tel est le titre du livre d’une journaliste italienne, Constanza Miriano, qui soulève l’indignation en Espagne. Ce manuel prône la soumission volontaire des femmes à leurs maris. Voilà une journaliste qui mériterait qu’on lui décerne la jupe d’or du machisme ! Elle mérite en tout cas notre colère. Pour plusieurs raisons :

D’abord parce que cela vient d’une femme et l’on sait que la plus belle réussite de l’injustice, c’est sa justification par celles et ceux qui en sont victimes.

Ensuite parce que son apologie de la soumission est un danger pour les femmes victimes de violences conjugales.

Enfin parce qu’elle justifie sa position par un texte biblique : « Femmes soyez soumises à vos maris » (Épitre aux Colossiens 3, 18).

Ce faisant, elle alimente le rejet de bon nombre de gens qui considèrent le christianisme comme rétrograde, fondamentalement conservateur, machiste et donc à rejeter. Beaucoup de commentaires sont les témoins de ce rejet. Il est fort instructif de les lire.

Quand on aime le Christ et qu’on sait à quel point son Évangile est libérateur, on se dit que, vraiment, ce type de livre est un désastre.

Cela nous invite à réagir. L’évangélisation passe aujourd’hui par les réseaux sociaux. Encore faut-il y être présent. Donc, n’hésitons-pas à mettre des commentaires dans les différents médias, pour faire entendre un autre son de voix et témoigner d’un autre christianisme que celui de Constanza Miriano.

Soeur Michèle Jeunet

Lire les analyses :

Un manuel de soumission pour les femmes choque l'Espagne

Costanza Miriano, autora de 'Cásate y sé sumisa': "Si lo que molesta es la palabra sumisa, quemad la Biblia"

 

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Commentaires

Dans le texte préparatoire au synode sur la famille (ou dans le questionnaire, je ne sais plus) il est question incidemment d'un "féminisme hostile à l'église". Lisant cela, je m'étais dit: au lieu de se méfier du féminisme, et d'être aux aguets pour lutter contre ce "féminisme hostile à l'Église", les évêques feraient mieux de se demander pourquoi beaucoup de féministes sont pour le moins méfiantes envers l'Église, et certaines carrément hostiles. La réponse est là. Ce discours répressif qui prétend avoir sa source dans l'Écriture, c'est insupportable.

Auteur du commentaire: 
JEAN
L'Eglise est hostile au féminisme, car ce mouvement est directement issu de la doctrine marxiste et n'a qu'un but, celui de nuire à la chrétienté. Si vous ne voyez pas cela, je ne serai que vous conseiller d'aller suivre quelques conférences sur la politique et l'opposition des pouvoirs...

J'ai lu quelques articles (très tranchés pour et contre) sur ce livre mais je ne l'ai pas lu. Il semble que les auteurs d'articles contre ne l'ont pas lu et n'avaient pas d'éléments à apporter. Pouvez(vous nous en dire plus sur le contenu du livre?

Tiré d'une interview de l'auteur: « Je crois que le rôle de la femme est de se montrer aussi bonne et belle que possible à l'homme. Lui renvoyer une image positive, lui dire à quel point il est important, et lui permettre de s'impliquer au mieux dans la construction d'une famille et l'éducation des enfants. » ou encore:""les femmes doivent être soumises, écrit Paul. Je pense qu'il veut dire qu'elles doivent être ouvertes, chaleureuses, patientes, pas parce qu'elles sont faibles, mais au contraire parce qu'elles sont fortes et stables, douces et confortables, elles sont capables de mettre les gens en confiance. Les femmes qui sont en phase avec leur profonde nature resplendissent de bonheur : elles peuvent donner la vie biologiquement et spirituellement." Quel programme! On pourrait aussi titrer "Du bonheur dans l'esclavage!" ou comment cesser d'être une personne et devenir un objet de confort.

@Michèle Jeunet. Il y a plus d'un an, dimanche, Av Reille Paris chapelle des Franciscaines Missionnaires de Marie, un homme a tenu en chaire un langage de la même inspiration, à propos du divorce et du mariage. Manifestation d'une forme d'ignorance? Espérons! En tous cas, après avoir éclairé/admonesté l'assistance laïque il a rappelé aux religieuses qui, pour la plupart ont vécus dans tous les coins du monde, les exigences de vœux qui les mettent à l'abri de tels égarements. On ne rit pas! Il a même indiqué ses titres: théologien bureaucrate au tribunal de la rote ... sans ajouter "candidat à la soutane d'or du cléricalisme poussiéreux".

Jusque là, je ne vois toujours pas le problème... L'extrait précise même le sens de soumise dans une direction très positive... C'est le premier livre, un 2e est prévu concernant le mari, dans la veine du texte de Paul "aimez vos femmes comme le christ a aimé son Eglise".... Le sens ultime de notre existence ici-bas n'est-il pas de nous aimer les uns les autres? (notamment "à ceci tous vous reconnaitrons comme mes disciples: à l'amour que vous aurez les uns pour les autres") Et dans le cas du mariage, nous y sommes appelés aussi. Epouse envers leur époux et époux envers leur épouse... Etre chaleureux, ouvert, patient... beau programme pour chacun de nous!! Et pour ce livre, mieux vaudra se baser sur son contenu réel...

Ne pas voir que ces paroles ont maintenu les femmes sous la domination des hommes, et en particulier les ont soumises à toutes sortes de violences, physiques et psychologiques relève de l'aveuglement ou plus sûrement de la mauvaise foi.

Ce texte me paraît avoir une parenté très forte avec une « perle » que l’on peut lire sur le site de la cathédrale du Puy en Velay, un texte écrit par une religieuse, Sœur Laure, http://www.cathedraledupuy.org/La-vocation-de-la-femme-dans-le-judaisme-soeur-Laure_a455.html justifiant la supériorité masculine par un ensemble d’arguments qui glorifient tout d’abord « la femme », magnifient une certaine supériorité féminine, pour mieux asseoir finalement son obéissance à la tradition la plus réactionnaire. Ce pourrait être drôle, mais des propos de ce genre se retrouvent très souvent dans la bouche de prêtres ou de fidèles aujourd’hui. Ils marquent aussi les pratiques liturgiques, déniant aux femmes toute fonction, toute visibilité. Je cite la fin du texte : « Il ne s’agit pas d’écrasement, la femme doit se déployer mais elle ne doit pas dominer. Et quand Saint Paul conseille à la femme de se soumettre à l’homme, c’est de se mettre dessous pour élever son mari, qui colle à la terre, et elle doit l’aider à s’élever dans les réalités spirituelles. C’est vrai que cela demande à la femme une humilité, une certaine mort à soi-même, un amour très grand. C'est celui qui aime le plus qui est le plus grand: « Vous m’appelez Maître et Seigneur et je le suis, et pourtant je vous lave les pieds. », « Le plus grand d’entre vous se fera votre serviteur ». Jésus nous a montré lui-même le chemin. Il ne s’agit pas pour la femme d’être considérée comme inférieure, la Vierge Marie était infiniment supérieure à Joseph et elle s’est soumise à lui. Et cela était bon. Ce qui est demandé à l'homme n'est pas plus facile : « Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église et s’est livré pour elle ». C’est une exigence d’amour folle. Mais c’est la femme qui doit ouvrir son mari à la tendresse, elle doit lui montrer le chemin, elle doit lui donner l’exemple, comme Jésus nous a donné l’exemple. Dans la liturgie tout cela est sous-entendu, la femme est comme cachée et voilée. Elle laisse à l’homme la place, elle allume la lumière, elle est donc elle-même dans l’ombre. Ce n’est pas évident, c’est un appel à la sainteté, qui produit des fruits magnifiques si nous retrouvons cet équilibre, cette union où Dieu est présent. Pour les générations qui montent, il y a un enjeu immense : nous voyons bien ce déséquilibre, cette absence des hommes, cette absence du père. La femme a dans cela une grande responsabilité. Si elle retrouve sa vocation profonde elle pourra considérablement aider l'homme à retrouver la sienne dans un respect et un amour mutuels et cela sera très bon. »

Je ne comprends pas votre réaction : -l'explication d' "être soumise" donnée dans l'extrait précédent, à savoir : être ouvertes, chaleureuses, patientes n'est en rien une horreur. -quand au titre du livre, il est tiré de la Bible et les traductions trouvées via internet sont assez unanimes... Sortir une phrase de son contexte peut aboutir à une interprétation complètement faussée. En revanche, dans son contexte, Paul, l'auteur du texte, nous donne la Parole de Dieu. Un Dieu créateur par amour, fait homme par amour, qui a donné sa vie par amour et a vaincu la mort et le Mal... Ce qui nous permet de sortir des rapports dominants-dominés pour entrer dans un rapport donné-donné ou la seule dette qui nous est suggérer de garder les uns envers les autres est celle de l'amour...

En fait, c'est le genre de propos qui justifie toutes les violences faites aux femmes, leur claustration dans la sphère domestique, leur assujettissement au voile. Et le plus effarant, c'est votre "je ne comprend pas votre réaction". Que vous le sachiez ou pas, vous êtes un fondamentaliste. Vous voulez ignorer ce que les mots signifient aujourd'hui. Tapez "femme soumise" sur internet, par curiosité, vous verrez que les résultats sont édifiants. Et surtout, ne laissez pas vos enfants de moins de 18 ans le faire.

Je ne pense pas que les réactions épidermiques servent à faire avancer le débat. Même dans ce que vous citez, Sylvie, il y axes choses qui ne sont pas fausses. Quoi que, je ne vois pas où Marie s'est soumise à Joseph... Ce qui est nécessaire, c'est de débattre, et encore débattre, pour montrer que les interprétations dans le sens d'une inégalité sont nocives. Voici une analyse moins virulente, mais plus précise: http://christine-amina-esther-andco.eklablog.com/

"Vous voulez ignorer ce que les mots signifient aujourd’hui." -Ne me le dites pas à moi. Dites-le plutôt aux traducteurs de la Bible. -Le porno prend le pas sur tout. Il réutilise les mots de tous les jours pour recréer sa réalité. Est-ce que chaque mot utilisé doit être interprété que sous son sens le plus sale et abject? "Bon Dieu" sert aussi de juron, aux antipodes des homélies du curé d'Ars... Si nous ne nous réapproprions pas le vocabulaire courant -certes adapté- pour témoigner de Dieu (ce qui devrait être notre but en tant que chrétien), nous laisserons toujours Dieu dans une sphère à part... -le débat constructif me semble impossible sans une certaine bienveillance. Mes commentaires ont certes été mis en ligne, mais vous me traitez d'aveugle, de mauvaise foi et de fondamentaliste... Dommage... En union de prière...

Vous conviendrez, Michael, que le terme de soumission fait difficulté Certes, aujourd’hui, certains prêtres expliquent souvent ces versets de St Paul en parlant de soumission réciproque des époux l’un à l’autre ; il n’empêche que dans cette présentation du mariage et cette typologie du Christ époux et de l’Eglise son épouse il y a bien hiérarchie et inégalité structurelle, ontologique même. C’est une très grande difficulté d’ordre théologique. De plus, dans l’entreprise de restauration de la liturgie, on accorde une grande importance au système binaire masculin/féminin, à l’image du Christ et de l’Eglise. Cela va très loin en termes de rôles et de fonctions, selon des catégories liées au genre. Le masculin, même sans ordination, représente le Christ, le féminin (et le masculin, qui a le privilège de se trouver des deux côtés - on parle alors de l’âme dans sa quête du Christ) représente l’Eglise, dont Marie est une forme analogique. Les filles sont donc servantes de l’assemblée, la représentent ; elles sont interdites de chœur (le couple sacré/profane est lié au couple masculin/féminin) elles n’ont même pas le droit de porter autour du cou la croix du Christ Sauveur de toute l’humanité, signe distinctif du masculin. Dans un diocèse comme celui du Puy en Velay, on est allé très loin dans les développements de cette théologie, qui côtoie l’idéologie. On peut les lire, c’est édifiant ! Un autre texte nous parle même de la position de l’ambon dont on proclame le psaume et la prière universelle (lectures réservées aux femmes, j’imagine) dans la nef, près du chœur, mais en dehors de lui. Et de nombreuses paroisses ont emboîté le pas, c’est l’opinion générale du moment, qui promeut et défend une hiérarchie selon les sexes. Même si je suis assez réticente par rapport à la proposition du Pape François d’élaborer une théologie du « féminin » une sérieuse révision de cette pseudo-théologie serait malgré tout la bienvenue !

Ce qui me frappe à la lecture des extraits qui ont été cités ici, c'est l'image déplorable qui est donnée des hommes. On a l'impression qu'ils s'agit d'êtres dépendants, limités, irresponsables. "élever son mari, qui colle à la terre"!!! "elle doit lui montrer le chemin, elle doit lui donner l'exemple": l'homme est donc un éternel enfant qui a toujours besoin d'une institutrice à côté de lui? "lui permettre de s'impliquer au mieux dans la construction d'une famille et l'éducation des enfants": c'est donc à la femme qu'incombe la responsabilité de faire de son mari un bon père, puisque visiblement il n'a pas tout seul l'idée ou les capacités de s'occuper de sa famille... (« permettre », ce n'est pas aider ou seconder!) "lui renvoyer une image positive" : les hommes sont donc de pauvres petites choses fragiles, sensibles, qui ont besoin d'être rassurées en permanence par une femme "forte et stable"? Mais sous couvert d'une image valorisante pour les femmes, devenues piliers de la famille, c'est une véritable entreprise de culpabilisation qui se joue: les hommes sont déresponsabilisés, puisque c'est aux femmes de faire d'eux des maris et pères dignes de ce nom, et les femmes ont contraire se trouvent responsables non seulement de leur propre comportement, mais aussi de celui de toute la famille. Ce qui est intéressant dans ces discours, c'est qu'il y a une inversion des clichés traditionnels : autrefois, on présentait les hommes comme maîtres d'eux-mêmes, responsables, forts, aptes à diriger la famille dont ils étaient le chef. Il allait de soi que c'est eux qui éduquaient les enfants. Les femmes au contraire étaient sensibles, gouvernées par leurs émotions, fragiles, et avaient besoin du soutien et du cadre apportés par leurs maris. Ici, les étiquettes sont inversées: la femme devient le pilier stable, l'homme l'être sensible qu'il faut soutenir, mais l'objectif est le même: les vieux discours traditionalistes sur une femme fragile et émotive ne passant plus, c'est au moyen d'un discours valorisant qu'il s'agit de les convaincre de "seconder", au sens de passer après, de rester dans l'ombre. Avant, on essayait de pousser les femmes à se soumettre en leur disant qu'elles étaient plus fragiles et sensibles, maintenant, pour obtenir ce résultat, on leur assure qu'elles sont plus fortes et plus fécondes spirituellement. Mais il est tout aussi ridicule et infondé d'affirmer que les femmes sont "fortes et stables" qu'il l'était de les dire "fragiles et émotives"!! Vous savez Michael, ce n'est pas parce qu'un stéréotype est en apparence valorisant qu'il est fondé, et qu'il ne devient pas un cadre rigide et étouffant, au service d'un contrôle des individus (une place pour chacun et chacun à sa place). Il existe une infinie diversité d'hommes, il existe une infinie diversité de femmes: voilà la richesse humaine. Cette variété à l'intérieur d'un même sexe est bien plus féconde qu'une quelconque complémentarité censée exister entre des sexes auxquels on a collé une étiquette, qui s'inverse au cours du temps. S'il existait réellement une "nature profonde" de l'homme et de la femme, alors leur définition devrait être constante dans le temps et non, comme c'est le cas, varier du tout au tout. Ce qui ne change pas en revanche, c'est la volonté de faire des femmes des êtres servants et soumis. Un autre aspect de ces discours est l'injonction au bonheur (quoi de plus vendeur en effet?). La femme, la vraie, est heureuse, « rayonnante ». Voilà de quoi séduire son public... mais aussi culpabiliser terriblement : si une femme est triste ou malheureuse, c'est qu'elle ne vit pas conformément à sa « nature profonde » !!! C'est aussi un moyen de désamorcer les objections des féministes : si les femmes soumises sont si heureuses, pourquoi voudriez-vous en faire des êtres libres capables d'exister par elles-mêmes et de prendre leur destin en main ? Je veux vous croire de bonne foi Michael, mais vous êtes alors d'une naïveté déconcertante. Croyez-vous vraiment que la définition de « soumise » soit « douce, chaleureuse, ouverte, patiente » ? Vous savez bien que non. Il ne suffit pas de décréter d'un coup de baguette magique que le mot « soumis » signifie désormais « chaleureux » pour que ce soit le cas : les mots ont un sens, une histoire, ils ne sont jamais choisis au hasard. N'avez-vous jamais rencontré d'hommes doux, ouvert, chaleureux et patients ? J'en connais plein. Je suis sûre qu'ils seront bien étonnés d'apprendre : qu'ils sont des femmes (et même conformes à la « nature profonde » des femmes) qu'ils sont soumis. Aimer, ce n'est pas charger les autres d'injonctions, « tu dois, tu dois, tu dois, c'est ta nature profonde ». Sortir du rapport dominant/dominé, ce n'est pas définir la place de chacun en fonction de cette soi-disant nature. Savoir aimer, c'est aussi savoir s'émerveiller devant la diversité des hommes et non chercher des différences là où on a décidé qu'elles devaient se trouver. Certes, il faut, en principe, lire un livre avant d'émettre un jugement. Mais avec un peu d'esprit critique, il y a certains types de discours que l'on repère tout de suite... Et on peut l'enrober de tous les adjectifs que l'on veut, une injonction à la soumission reste de l'ordre de l'inacceptable.

Je suis plutôt naïf de nature, certes. Mais je suis heureux de voir que le pape François nous invite à ne pas avoir honte d'être ridiculisés à cause de notre bienveillance... Ce qui doit primer avant tout doit être l'amour. l'Amour, grâce donnée avant tout par Dieu lorsque je vois les difficultés que j'ai à aimer vraiment. L'amour donné peut conduire à des sacrifices (mépris, incompréhension, ...) qui peuvent aussi porter du fruit, j'en suis sûr. N'y voyez tout de même pas par là une caution des femmes mortes sous les coups. Il y a un moment, où il faut avoir le courage de partir pour soi et pour ses enfants. Sur le terme de soumission, sois le problème vient des traductions de la Bible... mais l'unanimité des traductions sur le sujet vient tempérer cette première piste... soit le problème vient de la Bible elle-même : ce texte est faux et ne révèle donc pas Dieu : il n'a rien à faire dans la Bible, voire la Bible est fausse et les chrétiens sont tous induits en erreur... Sinon, il invite bien à quelque chose, à remettre en perspective dans un contexte propre, avec l'aide de l'Esprit Saint. L'invitation en parallèle pour les hommes est trash : mourir pour sa femme comme le Christ est mort sous la violence physique et morale des hommes de son temps. Concernant le service de l'autel, Sylvie, j'ai navigué dans les diocèses d'Annecy, de Chambéry et de Grenoble-Vienne et nous avions dans les paroisses où je suis passé des filles servantes d'autel. J'en garde un très bon souvenir (moi-même n'ayant pas été servant). Sur le point particulier des images données de l'homme englués dans la glaise etc... je n'y souscris pas non plus. Et je vous rejoins tout à fait Aurélie dans la diversité des personnes à l'intérieur des catégories féminin-masculin. Et je trouve, trempant un peu dans la préparation au mariage que les textes qu'on nous sert sur des schémas féminins-masculins très rigides via certains courants ne me parlent absolument pas. Mais ce texte de la Bible, s'il est réellement inspiré a quelque chose à nous dire... quoi? bonne question alors.

@Michaël, Naïf, vrai ou faux, il est recommandé d'apprendre à lire les textes bibliques, qui certes, inspirés sont, rappelons-le de mains d'hommes (au sens strict, puisqu'il ne semble pas que des femmes aient jamais écrit) et marqué par les conditions socio-culturelles de leur production. Voilà un petit extrait de la constitution dogmatique Dei Verbum. je me permet de souligner en gras ce qui nous rappelle à l'ordre afin que nous ne nous laissions pas aller à une lecture littérale. 12. Comment interpréter l’Écriture Cependant, puisque Dieu, dans la Sainte Écriture, a parlé par des hommes à la manière des hommes [22], il faut que l’interprète de la Sainte Écriture, pour voir clairement ce que Dieu lui-même a voulu nous communiquer, cherche avec attention ce que les hagiographes ont vraiment voulu dire et ce qu’il a plu à Dieu de faire passer par leurs paroles. Pour découvrir l’intention des hagiographes, on doit, entre autres choses, considérer aussi les « genres littéraires ». Car c’est de façon bien différente que la vérité se propose et s’exprime en des textes diversement historiques, ou prophétiques, ou poétiques, ou même en d’autres genres d’expression. Il faut, en conséquence, que l’interprète cherche le sens que l’hagiographe, en des circonstances déterminées, dans les conditions de son temps et de sa culture, employant les genres littéraires alors en usage, entendait exprimer et a, de fait, exprimé [23]. En effet, pour vraiment découvrir ce que l’auteur sacré a voulu affirmer par écrit, il faut faire minutieusement attention soit aux manières natives de sentir, de parler ou de raconter courantes au temps de l’hagiographe, soit à celles qu’on utilisait à cette époque dans les rapports humains.

Quand il s'agit de l'esclavage, institution qui ne choquait personne à l'époque de Saint Paul, il ne nous viendrait pas à l'idée de reprocher à celui-ci de ne pas avoir lancé les chrétiens dans une lutte pour son abolition. Il a seulement demandé à son disciple d'accueillir comme un frère son esclave qui s'était échappé et avait, pendant son escapade, reçu le baptême. Le principe à suivre est donc de vivre en chrétien les institutions du monde où nous vivons, sans les sacraliser, mais avec la liberté que donne l'amour. De même, Paul a pris l'institution du mariage comme un fait qu'il n'a pas cru devoir critiquer. C'est pourquoi il allait de soi, pour lui, que les femmes devaient être soumises à leurs maris. Mais en risquant une analogie entre cette soumission et la relation de Christ à son Église, il a transformé radicalement le sens de cette soumission, et de la domination masculine qui en est la réciproque. Toutefois, ce n'est pas parce que Paul a eu l'audace de voir une analogie entre le mariage et la relation du Christ à l'Église qu'il faut sacraliser le mariage et considérer comme intangible ce que celui-ci pouvait être dans l'antiquité romaine. Désormais, le mariage est une relation réciproque où les deux époux sont également responsables l'un de l'autre, également appelés à prendre soin de l'autre comme de soi-même. Chacun est Christ pour l'autre, et chacun se reçoit de l'autre comme nous recevons nos vies du Père éternel. Il en résulte que le mariage ne peut plus être une image de la relation du Christ à l'Église, dans la mesure où cette dernière relation n'est pas réciproque. Et si on renonce au symbolisme du mariage pour comprendre la relation du Christ à l'Église, la polarité sexuelle de cette relation (le Christ mâle en relation avec une Église femelle) apparaît pour ce qu'elle est: incongrue et déplacée. CQFD, ça ira pour ce soir!

Je partage votre analyse, Anne-Marie, selon laquelle le mariage ne peut exister que dans la réciprocité d’une relation d’êtres qui se sentent des égaux. C’est dire le caractère incongru d’un texte comme celui de Constanza Miriano. Dans la Pastorale de la préparation au mariage on n’oserait plus utiliser le terme de soumission, même assaisonné à la sauce moderne, et, dans les écrits de Jean-Paul II lui-même, l’interprétation de la Tradition va dans le sens de la réciprocité et de l’égalité entre les époux. Mais je suis plus réservée sur ce que vous dites de la figure du Christ époux et de l’Eglise épouse. Sans être un élément tout à fait central dans le catholicisme, c’est une figure qui traverse la tradition, reprenant le Cantique des Cantiques, s’appuyant sur des textes nombreux de St Paul, qui n’ont cessé d’être lus et commentés au cours des siècles. C’est un élément important de la spiritualité du Carmel et cela me parait structurer, au moins partiellement le catholicisme. Maintenant, cela entraîne une inégalité entre les sexes, elle aussi structurelle, inégalité voilée, plus ou moins visible, éclatante aujourd’hui dans certaines paroisses Or cette figure symbolique, en retrait à l’époque du Concile Vatican II, a retrouvé un regain de vigueur avec Jean-Paul II. Elle a probablement permis d’argumenter à propos du sacerdoce réservé aux hommes. On connait aussi la dévotion du pape défunt à l’égard de Marie, elle aussi figure de l’Eglise. C’est une figure symbolique qui marque profondément le discours tenu par les clercs sur les femmes... . et qui est une terrible source de malaise. Peut-on faire évoluer la Tradition ? Comment comprendre aujourd’hui cette figure symbolique ? Faut-il la délaisser, comme appartenant à un passé révolu ? Et le peut-on ? Il me semble que nous sommes ici au cœur de la question.

Sylvie, la réponse n'est-elle pas dans une spiritualité comme celle de Jean de La Croix, qui précisément se place symboliquement dans la situation de l'épouse. Ce qui est choquant (et abusif), ce ne sont pas les symboles mais leur instrumentalisation. Les hommes se mettent à la place de Dieu tout simplement, et mettent les femmes dans la situation de l'humanité, c'est-à-dire faible et pécheresse.

J'ai une grande tendresse pour Jean de la Croix, et ce que je vais dire n'empêche pas qu'on le lise en trouvant auprès de lui une juste et bonne inspiration. "se placer symboliquement dans la situation de l'épouse", que l'on soit personnellement homme ou femme, cela revient quand même à mettre la faiblesse, le péché, l'incomplétude de la créature du côté du féminin. Je ne dis pas qu'on doive, à l'inverse, tomber dans l'idolâtrie de la féminité, et fantasmer les femmes comme toutes-puissantes et auto-suffisantes. Mais il faut cesser de mettre en parallèle la dualité de Dieu à la création avec la dualité homme-femme. Il faut s'inscrire en faux contre la masculinité de Dieu. Cela provoque des résistances considérables, pas seulement chez les hommes-mâles, mais surtout chez eux, pare qu'ils ressentent à juste titre cette mise en cause comme une agression contre la masculinité elle-même. Mais c'est comme ça, il faudra qu'ils s'y fassent. Si nous avons de l'affection pour eux en tant qu'ils sont masculins, (toutes sortes d'affections, de l'amitié à l'admiration en pensant par le désir sexuel et la tendresse du compagnonnage ) nous nous refusons à les prendre pour des dieux; et à prendre Dieu pour un mâle.

Merci Anne-Marie, vous ne serez pas étonnée que je sois en plein accord avec vous. Si je prenais l'exemple de Jean de la Croix, c'est pour dire que si les hommes, comme Jean, pouvaient se mettre en tête qu'ils peuvent être dans la situation du féminin, l'essentialisation des hommes et des femmes et leur différenciation abusive serait battues en brèche; Mais combien de temps faudra-t-il pour que se mettre symboliquement dans la situation du féminin ne soit pas pour un homme péjoratif? Car les hommes sont des femmes comme les autres, n'est-il pas vrai?

Oui, Christine, bien d'accord avec vous. L'humanité est un vaste bazar où les attributs destinés aux uns et aux autres ont trop longtemps été rangés sur des rayons différents. Mais depuis quelque temps, les chalands se promènent et se servent ici et là selon leur gré, prennent et remettent les articles dans le désordre, oh, pas encore trop complet le désordre, mais quand même... Il commence à avoir quelques bavures entre les rayons, ça swingue, c'est flou, c'est chou!

hélas parfois il n'y a pas pire que les femmes pour justifier l'injustifiable ! Mais il y a dans le monde des femmes courageuses qui , elles ,au risque de leur vie font des merveilles pour les femmes et les enfants ............elles ne sont pas toutes chrétiennes mais je pense que le Christ est avec elles l'esclavage féminin existe encore chez nous !!!!! aucune parole biblique ne peut justifier cela ! soumettre c'est posséder et non aimer c'est un viol de la conscience c'est mettre l'autre à ses pieds le Christ s'est mis aux pieds des Apôtres pour les laver NON une femme n'a pas à être soumise, elle marche en égal avec son époux, c'est à eux deux qu'est confiée la création d'ailleurs Marie n'a pas été soumise ! elle a accueilli l'inattendu seule puis en couple souvent dans la Bible les femmes ont l'initiative ...........et sont peu soumises !!

"Comment cesser d'être une personne et devenir un objet de confort" . J'aime, c'est concis, c'est vrai @ Christine Pedotti. Je n'ai pas lu le livre de Constanza . je réagis donc à l'article de Michèle Jeunet et à tous vos commentaires. Généralement je suis d'accord sur le fond je n'ajouterai dont rien. Je ferais seulement remarquer qu'on peut être une femme libérée, indépendante financièrement et gâter le "petit mari" . C'est affaire personnelle et ne relève nullement d'un commandement moral chrétien. Pourtant quel malaise ! " Ce discours répressif qui prétend avoir sa source dans l'Ecriture, c'est insupportable, Merci @Anne-Marie H. Il faut bien relire Paul et éviter de faire des contre sens. Si j'en crois l'exégète Pierre DEBERGE , les lettres de Paul sont des "écrits de circonstances" visant des destinataires connus et répondant à des problèmes concrets. Il n'ont pas force de loi morale . Mais qu'est ce dans la banale réalité du quotidien une femme installée dans la soumission au mari? Les française connaissent bien la soumission "concoctée" par notre Napoléon . En effet il a fallu attendre 1965 pour que la loi abolisse l'état de "mineure légale " de la femme mariée. A le miracle! Depuis cette date, la femme mariée peut travailler sans demander d'autorisation maritale , peut ouvrir un compte en banque, peut contracter des emprunts, peut acheter à crédit. Toutes choses que ma mère ne pouvait faire La soumission vue par nos soeurs musulmanes ? Demandez leur. Elles vivent sous la responsabilité du Père, du Mari, du Frère.... Mineures, toujours redevables du bon vouloir d'un tiers pour jouir d'un espace de liberté. L'équation parait donc simple à mes yeux :soumission = empêchement à la responsabilité et à la liberté. Curieuse, j'ai cherché Constanza sur le net, et j'ai trouvé une jeune femme de belle apparence, une de celles dont les hommes raffolent, blonde au regard langoureux, et n'ai plus eu de doute. L'émancipation féminine depuis une trentaine d'années est devenu un fait de société que nul ne cherche à contester. Aurait elle voulu faire du buzzz en proclamant à contre courant les bienfaits de la soumission ? Oh, n'insultez jamais une femme qui tombe écrit Victor Hugo. Que faut il faire pour une femme qui se "couche". ? Rien ! L'ignorer,! De temps en temps, l'édition sort des écrits de ces femmes proches d'un certain magistère qui pensent que leur plaire est en soi "exister". Triste.

@ Anne Marie H. Pour aller dans votre sens d'un dynamitage de l'intérieur d'une institution qui avait à l'époque certains travers, j'ai trouvé un commentaire de Marie Noëlle Thabut. Extrait : " il faut rappeler le contexte social et juridique de l'époque ; l'homme était légalement le chef de la famille, c'est un fait. Dans ce contexte, le but de Paul n'était pas de prêcher la révolution, il était de dire les exigences de l'amour humain à la lumière du dessein de Dieu accompli en Jésus-Christ. D'ailleurs, après avoir dit ce que tout le monde attendait (le discours « socialement correct », pourrait-on dire) « femmes, soyez soumises à vos maris » (et que Pierre dit exactement dans les mêmes termes ! 1 P 3, 1), Paul ajoute une exigence nouvelle pour les maris, (et ceux-ci ne s'y attendaient peut-être pas !) et cela toujours au nom de Jésus-Christ : « Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ. » ". J'aime bien aussi la phrase du début "par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres" qui tente de tuer le sens de soumission par un sens de respect et d'amour, par le Christ. Je vous avoue avoir un peu peur en lisant certains commentaires qui tentent de supprimer certains passage de la Bible au motif qu'ils nous choquent... Si on choisit que les passages qui nous vont, on perd toute une partie de Dieu qui se dit et on se fait sa sauce. Par contre, en creusant plus ces passages, avec l'aide d'exégètes et autre, on peut se convertir et se rapprocher de Dieu. (apparté : dans une veine un peu similaire, il y a le passage "Si quelqu’un [...] ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, [etc...] , il ne peut être mon disciple" commenté par le frère Emidio Marie que j'ai écouté il y a peu.) Merci en tous cas, pour cette belle discussion.

Oui, cher Michael ce fut une belle "disputatio". J'ai beaucoup apprécié , mais en ce qui concerne le sujet, je ne puis me réjouir que mes neurones aient si bien frétillé, les femmes mariées souffrent encore aujourd'hui de graves violences physiques pouvant conduire à la mort, un appel à la soumission volontaire de la part d'une femme et ce au nom des écritures, voyez vous il n'est pas possible de l'entendre. Le pauvre, le souffrant, sont au coeur du sujet et non de beaux développements exégétiques ou théologiques. J'ose espérer qu'il se trouvera dans le Magistère des voix pour dire les écritures invoquées "autrement".

Auteur du commentaire: 
JEAN
Ma Soeur, permettez moi de vous faire remarquer quelques points : 1/ Les commentaires négatifs relatifs à ce livre se trouvent uniquement sur des sites dont la doctrine est tout ce que vous voulez sauf catholique. Citons de façon non exhaustive, le nouvel obs, le Monde, etc. Sinon, sur la très grande majorité des sites les commentaires sont bons, voir élogieux. 2/ Avez-vous lu le livre en question ? Il est d'une part plein d'humour, et d'autre part plein de bon sens... 3/ La soumission, dans le couple, est avant tout un acte d'amour. N'êtes vous pas soumise au Christ ? Pour que ce principe fonctionne au sein du couple il faut une très grande confiance et un très grand respect mutuel. Dès lors, la femme se doit d'être soumise à son mari, c'est très probablement la plus belle preuve d'amour. 4/ Le sacrement du mariage, selon le Magistère, se situe sur le "même plan", que le sacrement d'ordination. Méditez bien cela, tout est dit...  

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