Diaconat

Comité de la Jupe
19 mai 2016

Le Comité de la jupe salue avec joie la décision du pape François de ne plus refuser d'aborder en profondeur la question de la place des femmes dans l’Église. Après la publication de l'Exhortation post synodale Amoris Laetitia, le grand chantier que semble vouloir ouvrir le pape est celui de la décléricalisation de l’Église. Dans la Lettre au cardinal Ouellet (19 mars), il exhorte le clergé à se mettre au service du peuple de Dieu (auquel il appartient) et non à se servir de lui, afin que les fruits de l'Esprit puissent se répandre dans l’Église et que le charisme prophétique du peuple puisse s'exercer, ici et maintenant.

Il y a quelques mois, déjà, le pape avait encouragé des ordinations d'hommes mariés, ad experimentum, en Amérique du Sud. La meilleure intégration de femmes dans les décisions de l’Église est un autre élément de ce processus de décléricalisation. Elle est incontournable, sauf à ruiner la crédibilité de l’Église dans le monde actuel.

Le Comité de la jupe considère que, dans la question des femmes, l'essentiel est d'ouvrir la porte. C'est ce qui arrive aujourd'hui. Le choix prudent du diaconat montre combien le pape tient compte d'un contexte ecclésial complexe où les facteurs affectifs réactionnels peuvent être puissants.

Pour le Comité de la jupe, convaincu de la stricte égalité des hommes et des femmes, mais conscient de la longueur du chemin à parcourir, il n'est pas question de rester sur l'Aventin, mais au contraire d'encourager chaleureusement les signes d'ouverture, dans une perspective constructive.

 

Anne Soupa

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Commentaires

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Virginie Bonnet
Voici pour moi une excellente nouvelle.  Je suis si heureuse !  Une nouvelle que j'attends depuis si longtemps en m'étant impliquée dans la CCBF d'Anne Soupa.  C'est une grande nouvelle.  J'ai toujours "milité " pour que l. Église reconnaisse mieux l'importance des femmes en son sein. Quel victoire pour l'Église et quel belle perspective pour la Foi !  Peut-être moins de sectarisme et plus ce douceur dans l'Église.

Auteur du commentaire: 
Anne-Marie de la Haye
Je voudrais dire un mot qui paraîtra en contradiciton avec les propos d'Anne, mais en fait pas du tout.  En même temps que nous militons pour l'accession des femmes à des fonctions de responsabilité dans l'Églsie, nous ne devons pas oublier de militer pour une meilleure inclusion de nos partenaires masculins dans les fonctions ... ancillaires, c'est-à-dire le boulot ordinaire, à la petite semaine, des paroisses et des mouvements. Notre souci, notre combat, notre utopie, c'est un monde (dans l'Église ou ailleurs) où le destin de chacun ne sera plus déterminé par son sexe. Et cela n'implique pas seulement du changement pour les femmes, mais pour les humains mâles tout autant.  Actuellement, l'Église est un monde de femmes gouverné par des mâles. Il importe, certes, que le gouvernement puisse être aussi exercé par des femmes. Mais tant que la religion sera vécue comme une affaire de bonnes femmes, la séparation mentale entre le destin des unes et le destin des autres restera ce qu'il est- et l'accès de quelques unes aux fonctions masculines restera de l'ordre de l'exception.  On a vu que l'élection d'Obama à la présidence des Etats-Unis n'a pas changé la situation des noirs; même l'élection d'une femme au Pontificat suprême ne serait que du maquillage, tant que le catéchisme, les obsèques, l'animation liturgique, la permanence téléphonique, et le ménage des églises sera assuré par 85% de femmes. (95%?)

Auteur du commentaire: 
suzanne maurice
La declericalisation effectivement essentielle passe par le service tel que ST Jean nous demande de le mettre en oeuvre. Non tant renoncement à son pouvoir que mise au service des autres de son engagement.Si le service comme amour du prochain est bien l'unique commandement du Christ, le choix du diaconat ne serait pas effectivement un pis allé pour celles qui pourraient y acceder.S'il s'agissait d'un plein accès comme pour les diacres hommes ce qui par le passe n'a m'as vraiment existe, selon mon avis le visage de l'Église se modifierait progressivement . En plus les diaconesses femmes pourraient prononcer enfin des homélies...  

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