L’ordination des femmes est-elle une « bonne cause » ?

Anne Soupa
23/01/2018

Il y dix ans naissait le Comité de la Jupe.

10 ans, cela mérite plus qu’un entrefilet !

10 ans, cela mérite que soient rappelés la genèse de notre comité, son ambition et ses objectifs.

C’est à cet exercice que se livre sa présidente, Anne Soupa, qui choisit de le faire à travers une question qui a rejoint très vite le comité dans ses réflexion : L’ordination des femmes est-elle une « bonne cause » ?

 

Le Comité de la jupe (www.comitedelajupe.fr), né d’une parole malheureuse du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et alors président de la Conférence épiscopale, a été traversé par la question de l’ordination des femmes. Ce n’était pas dans son objet, mais il a été rejoint par elle. Il me semble intéressant de raconter comment il l’a rencontrée, tout en voulant la dépasser.

En 2008, la question qui plane sur les fonts baptismaux du Comité de la jupe est celle de la dignité des femmes. En effet, rentrant du Synode sur la Parole de Dieu où il avait débattu du bien fondé d’un éventuel ministère permanent de lecteur et d’acolyte (qu’il n’aurait évidemment pas été possible de refuser aux femmes), le cardinal prend la parole à Radio Notre Dame et lance, en réponse à une question du journaliste animateur : « Le plus important est d’avoir des femmes formées ; il ne suffit pas d’avoir une jupe, encore faut-il avoir quelque chose dans la tête. » Le plus étrange est d’abord que le journaliste ne pipe pas. Puis que les quelque 300 lettres de doléances de femmes s’entassent sur le bureau du cardinal sans qu’il s’avise d’y répondre ; enfin que la journaliste et écrivain Monique Hébrard ait toutes les peines du monde à obtenir de La Croix un petit article où elle exprimerait son étonnement. Pour ma part, je n’ai eu connaissance de la phrase en question que trois semaines plus tard, date à laquelle je décidais, avec Christine Pedotti, de porter plainte sur le champ au tribunal ecclésiastique de Paris. En même temps, l’Agence France-Presse, alertée, répercutait l’information en moins de 10 minutes. Et le lendemain, le cardinal était en Une du journal Le Parisien, sous l’accusation peu flatteuse de « machisme ». Devant ses explications ampoulées, disant qu’il avait voulu dire exactement le contraire de ce qu’il avait dit, nous avons retiré notre plainte, mais le mal – ou le bien – était fait.

A suivi la création juridique du Comité de la jupe (association de droit civil et non canonique) et dans la rédaction de ses statuts, la définition de son objet : « défense de la dignité des femmes », que nous avons depuis enrichie. Pendant les années suivantes, nous avons ardemment dénoncé la discrimination grandissante dont en France sont victimes les fillettes dans le service de l’autel ; nous avons informé des « bonnes pratiques » paroissiales, par une cartographie des pratiques religieuses ; nous avons tenté de remettre à l’honneur la Visitatio, ce bref dialogue des femmes qui, dès le Haut Moyen Âge, était prononcé dans les églises au matin de Pâques. Dans la presse et par des ouvrages, nous avons défendu le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Église. Même si au début, nous avons recueilli l’adhésion de plusieurs centaines de personnes, nous sommes restés une petite association par le nombre, mais assez puissante par sa capacité de dissuasion envers les évêques, devenus prudents sur leurs prises de parole, et par la reconnaissance médiatique qui nous est acquise.

Au travers de la demande d’égalité, la question de l’ordination nous a rejoints, elle a fait débat entre nous. Fallait-il demander l’ordination des femmes ? Il va sans dire qu’en 2010, environ, l’ensemble du dossier des femmes était déjà largement instruit par des théologiennes ou des exégètes bien connues, dont les publications ont fait mouche, comme Mary Dealy, Kari Elisabeth Borresen (Subordination et équivalence, 1969) ou Elisabeth Schüssler Fiorenza (En Mémoire d’elle, 1986). Du côté des acteurs de terrain, nombreuses étaient aussi les voix qui se faisaient entendre, au Québec surtout (Femmes et Ministères), en France et ailleurs, pour demander une reconsidération de la place des femmes. Tout pouvait laisser penser, dans les années 70-90, que l’étape suivante serait, sinon la prêtrise, au moins le diaconat. Mais lorsque le Comité de la jupe est entré dans le jeu, la vague restauratrice était déjà largement lancée, particulièrement en France, terre où demeure la griffe de Charles Maurras. D’« actif », le Comité a été poussé à devenir « réactif ». Il faut reconnaître qu’en outre, notre position était assez ambivalente : d’un côté, nous professions une égalité sans faille, surtout au niveau de la responsabilité dans les décisions générales de l’Église. De l’autre, nous ne « revendiquions » pas ouvertement l’accès à la prêtrise, ce qui nous valait des sourires convenus de la part du magistère : nous n’étions pas redoutables…

Pourtant, sur le plan du diagnostic, nous avions été très critiques... Nous avons « tout dénoncé » ! La supercherie d’une antécédence masculine dans les récits de Création, la prolétarisation des femmes, la confiscation de leur parole, la contradiction flagrante entre l’attitude de Jésus et celle du magistère, le discours flatteur et anesthésiant de ce dernier et enfin, son accusation de vouloir « prendre le pouvoir » – curieusement, le pouvoir est « bon » lorsqu’il est détenu par les clercs et « mauvais » lorsque ceux qui n’en disposent pas le demandent (Christine Pedotti et Anne Soupa, Les Pieds dans le bénitier, Presses de la Renaissance, 2010 ; Anne Soupa, Dieu aime-il les femmes ? Médiaspaul, 2012 ; Anne Soupa, Douze femmes dans la vie de Jésus, Salvator, 2014 ; Michèle Jeunet, Masculin-Féminin, Où en sommes-nous?, éditions BoD – Books on Demand, 2015). D’autres que nous l’ont fait de manière très exhaustive, en déconstruisant les grands textes magistériels sur le sujet (Maud Amandier et Alice Chablis, Le Déni, Bayard, 2014).

Sur la prêtrise, nous avons aussi répondu aux objections du magistère :

  1. « Jésus a choisi douze hommes, alors qu’il était aussi entouré de femmes, ce qui montre bien sa volonté de ne choisir que des hommes pour apôtres. » La réponse est que les Douze sont choisis à l’image des douze tribus d’Israël, ce qui, précisément, appelle tout le monde à être apôtre.
  2. Selon la Déclaration Inter Insigniores, « Le Christ lui-même fut et demeure un homme. » (V, 27). S’il s’agit du Christ ressuscité des apparitions pascales, certes, il demeure de sexe masculin. Mais s’il désigne le Christ de toujours, celui qui soutient et vivifie son Église, celui que nous recevons dans le pain et le vin, alors, l’affirmation est irrecevable. Le Corps et le Sang de l’eucharistie seraient toujours de sexe masculin ? Et cette assemblée qui est ce Corps et ce Sang ne devrait-elle pas être, elle aussi, de ce seul sexe ? La déclaration, en affirmant au même paragraphe que « l’incarnation du Verbe s’est faite selon le sexe masculin » laisse entendre que c’est le Verbe même de Dieu qui serait sexué. Mais Dieu est immuable, sans manque, sans finitude ! La seconde conséquence est que si le Christ reste ad aeternam un être de sexe masculin, lui qui n’a pas été femme, lui qui n’a pas été « mère » (cette condition si essentielle au magistère pour définir l’être femme !), il n’a pas tout connu de la nature humaine. Un tel Christ ne peut donc sauver… que des hommes.
  3. L’utilisation du symbolisme nuptial (ou typologie, c’est-à-dire utilisation de types), poétique au temps des prophètes du Premier Testament, est devenue juridique sous l’influence de l’esprit latin. Elle s’est donc dénaturée, jusqu’à des contradictions évidentes, comme celle de fonder aussi bien la masculinité du prêtre qui, agissant in persona Christi (Inter Insigniores V, 32) « doit » être un homme, que la féminité de l’Église « épouse du Christ » mais gouvernée… par des « mâles » (ibid. V, 33). Preuve, s’il en était besoin, que la typologie fonctionne comme un instrument de pouvoir et d’asservissement de ceux qui en sont les malheureux « bénéficiaires ».

 

Forts de cette analyse, nous avons – parce qu’il était intenable médiatiquement parlant de rester hors de l’arène – changé nos statuts pour y inscrire la militance pour l’égalité complète, dans tous les domaines de responsabilité. La prêtrise s’est donc trouvée dans notre ligne de mire…. Mais c’est uniquement pour défendre une position égalitaire et non différentialiste que nous avons pris cette option. Désormais, les évêques nous font moins de sourires…. Il n’est d’ailleurs pas difficile de vérifier que les femmes qui, depuis environ 5 ans, ont l’oreille du Vatican et à qui l’on confie des responsabilités – à dose homéopathique –, sont ouvertement différentialistes. Elles acceptent la situation actuelle et valident sans barguigner la « différence féminine » qui sert à les asservir.

Pour nous, il est évident depuis le début que le problème est mal posé. Les femmes qui se jettent à corps perdu dans la militance en faveur de l’ordination sont prises dans un jeu de miroir : elles veulent ce que l’autre possède. C’est le réflexe mimétique si bien démasqué par René Girard. En amont de la question de la prêtrise, il faut, me semble-t-il, se poser deux questions : Quel est le charisme chrétien en matière de sacerdoce ? Quelles sont les attentes de nos contemporains ? Auparavant, il faut (encore !) dénoncer la résurgence actuelle, violente, revendiquée de façon autoritaire par de jeunes prêtres formés dans des séminaires traditionnalistes, d’une conception du prêtre que l’on aurait pu croire disparue. Elle s’observe à partir des récentes dispositions prises dans la plupart des grandes villes de France de discriminer fillettes et garçons dans le service de l’autel, selon le slogan : « Les garçons à l’autel, les filles dans le chœur ! » Celles-ci, devenues « servantes d’assemblée », vaquent aux feuilles de chant, quêtes, et conduites des tout petits pour le temps pédagogique. Sur ce sujet, Paris… est plus réactionnaire que Rome ! Il faut bien voir que, tout en visant à favoriser des vocations presbytérales, ces dispositions clivent en fonction de la « pureté ». Le peuple, globalement, serait impur, les femmes encore davantage… Le prêtre prend ainsi une position d’intercesseur comme il l’était parfois dans le Premier Testament. Il règne sur le chœur, devenu « son espace » de « médiation » entre l’assemblée et Dieu.

S’il est évident de rappeler que les seules mentions du mot « prêtre » dans les évangiles sont celles du grand prêtre qui condamna Jésus à mort, il me semble important d’entendre ce que dit le théologien Joseph Moingt en réponse à notre première question. Ce centenaire d’un étonnant dynamisme, à la culture encyclopédique, est vraiment le maître à penser de demain, celui sur lequel les baptisés peuvent déjà fonder leur agir chrétien. Lui qui a défini le christianisme comme un « humanisme nouveau », fondé sur le paradoxe de l’exercice du pouvoir sans domination ni inégalité, a profondément mis en procès la prééminence du sacerdoce ministériel, d’abord au motif qu’il n’obéit pas à cette injonction évangélique, et pour trois autres raisons essentielles.

  1. La thèse est théologiquement mal fondée. Elle est en effet conçue sur le modèle de la médiation plutôt que sur la mission historique de l’Esprit Saint (Dieu qui vient à l’homme, t. 2-2, p. 839). L’Ascension de Jésus est bien destinée à favoriser la venue de l’Esprit, non à donner à l’Église une finalité cultuelle. Mais, pour combattre les hérésies gnostiques, l’Église des premiers siècles a ressuscité le modèle vétéro-testamentaire du sacerdoce sacré (Croire au Dieu qui vient, t.2, p. 490). C’est aussi une conséquence de la rivalité (elle aussi mimétique) avec le judaïsme qui l’a poussée à lier à ce sacerdoce un sens sacrificiel qu’une liturgie devrait renouveler indéfiniment (Croire au Dieu qui vient, t.2, p. 490). Elle a donc dévié de sa trajectoire évangélique.
  2. La thèse n’a pas de justification historique : il n’y a pas de sacerdoce sacré avant le 3e siècle ! Clair, net et précis, Joseph Moingt martèle : « Quand on consulte les récits des origines chrétiennes, on ne voit aucun apôtre, ni quelqu’un d’autre se mettre à part de la communauté en vertu d’un caractère sacré, ni agir en tant que ministre d’un culte nouveau, ni accomplir d’actes spécifiquement rituels ; on n’observe aucune trace d’une distinction entre personnes consacrées et non consacrées [...]. Le cahier des charges d’une institution sacerdotale est vide » (Dieu qui vient à l’homme, t. 2-2, p. 842). Il ajoute encore : « la fonctionnalité du sacerdoce est livrée à l’herméneutique de l’Église, qui la définit selon ses besoins » ( ibid. 2-2, p. 843).
  3.  La thèse est trop radicale. Elle met le peuple chrétien sous la dépendance du corps des prêtres et le réduit à l’état de minorité juridique. En outre, elle occulte l’hémorragie actuelle des fidèles et le fossé qui se creuse avec la culture actuelle.

Comme on le voit, le problème dépasse la question de l’ordination des femmes ou de l’accès de gens mariés à la prêtrise. Le défi actuel est d’inventer un nouvel être-ensemble, une « concitoyenneté » en dehors de toute logique cléricale, en ayant d’abord rétabli l’égalité à la base, en ayant redonné la parole à tous (Croire quand même, p. 193). C’est une tâche de longue haleine, pour laquelle il faut semer… La Conférence des baptisé-e-s, par exemple, s’est en effet fortement investie dans la création d’une opinion publique catholique, par son site et par sa présence très active sur les réseaux sociaux (www.baptises.fr). Par conséquent, dit Joseph Moingt, le problème central que nous ayons à traiter est celui de la place des laïcs qui « interpelle la révélation au plus profond d’elle-même » (Dieu qui vient à l’homme, t.2-2, p. 797).

À présent, nous comprenons mieux pourquoi Joseph Moingt situe la question du sacerdoce au cœur de ce qu’il appelle une « crise de communication » (ibid., p. 796) entre l’Église et le monde. En raison d’une collusion d’intérêts, dès le 4e siècle, avec le pouvoir mondain, l’Église s’est habituée assez tôt à fonctionner selon des rapports de domination. La distinction clerc-laïc est devenue un abîme infranchissable et le clergé a confisqué l’annonce de l’Évangile. Dans notre monde démocratisé, le fonctionnement de l’autorité dans l’Église apparaît comme inégalitaire et la Parole n’est plus annoncée au monde, car le modèle religieux qui la porte s’est épuisé. Il est évident qu’à la lecture de ces propos, le souci de la place des femmes reçoit un éclairage nouveau : l’impasse demeurera aussi longtemps que les ministères seront pensés à partir du sacerdoce ministériel. Leur place ne sera reconnue que lorsque l’ensemble des ministères seront repensés en référence non plus au sacerdoce ministériel, mais au sacerdoce commun des baptisés, remis à l’honneur par Vatican II. C’est donc le devoir de tout baptisé de travailler à la revitalisation de ce fondement évangélique.

 

Même si nos actions en ce sens restent très modestes, j’ose les livrer à vos réflexions. À la Conférence des baptisé-e-s, qui a pour vocation de susciter la conscience des baptisés, nous avons défini trois « ministères » – dans le cadre d’un sacerdoce commun – qui nous semblent particulièrement attendus. Il s’agit de la bienveillance, de l’écoute et de l’espérance. Autant dans les rapports intra ecclésiaux que dans l’annonce de l’Évangile ad extra, ces trois fonctions sont centrales. La bienveillance, vertu évangélique s’il en est, reprise à son compte par Ignace de Loyola dans ses Exercices (Annotation 22), répond à une société pressée, trop anguleuse dans ses relations interpersonnelles, une société en mutation, sans cesse en contact avec l’étranger, celui que l’on ne connaît pas, une société où trop d’échanges, noués sans le support des visages, tournent vite à l’invective. Elle répond aussi aux problèmes d’une Église (en France, tout du moins) menacée de fractures. L’écoute, elle aussi, est un besoin vital aujourd’hui. Dans l’Église comme dans la société, elle tempère la souffrance des mutations trop brusques, la solitude des grandes villes, et même une liberté sacralisée qui peut parfois se comprendre comme un véritable abandon. L’espérance enfin, dans un monde aussi changeant, aussi insoucieux de son passé, permet aux individus de se redonner un avenir où ils sont attendus. On pourrait ajouter à ces trois ministères celui de la solidarité, sauf à penser qu’il transpire un peu des trois autres. La question suivante – encore non résolue par la Conférence – est de traduire ces ministères dans les faits à travers le prisme du sacerdoce commun des fidèles. Faut-il faire découvrir à chaque baptisé qu’il est, au titre de son baptême, le dépositaire de ces trois missions ? Est-ce la base d’une pastorale ? D’une spiritualité ? Nous continuons notre réflexion, et serions fort heureux de la poursuivre avec d’autres.

 

Je voudrais clore ces réflexions par un questionnement sur « la bonne manière » d’initier ce renversement copernicien qui, pour les femmes, mais aussi pour les laïcs hommes et pour tous les baptisés, est le seul horizon de sens qui vaille. Théoriser est nécessaire, mais sur ce sujet, la messe est dite : les outils intellectuels – en ce qui concerne les femmes – sont déjà bien en nos mains. Certes, il faudrait travailler sur le sacerdoce commun, le sensus fidei, la spiritualité baptismale, sur la définition du laïcat... Mais une urgence nous appelle ailleurs : elle est de faire entrer dans les faits la révolution copernicienne du sacerdoce commun. Avec un esprit inventif et opiniâtre, et surtout sans espérer que l’éternité finira le travail... C’est hic et nunc que le Royaume nous provoque ! Le premier moyen que je suggère est de s’attirer de nombreuses sympathies masculines, en particulier dans les paroisses, car le gain sera pour tous. Le second est de franchir nos frontières pour entreprendre des actions au niveau européen. Enfin, il faut poser des gestes forts, à la fois subversifs et évangéliques. Cette Première mondiale qu’a été à Paris le « Concile des femmes » (elles étaient 72), organisé par le Comité de la jupe 3 jours avant l’élection de François, avait, dans une intuition de type prophétique, conclu à la demande d’un pape de la miséricorde et non de la loi. Ce sont des actions de ce genre sur lesquelles, me semble-t-il, nous avons une chance d’être productifs de sens. Devant cette contrefaçon de l’Évangile que constitue le cléricalisme, tout vaut mieux que le silence ou l’inaction.

Anne Soupa, présidente du Comité de la jupe et de la Conférence des baptisé-e-s

Texte paru dans la revue italienne Esodo, octobre –décembre 2017

http://www.esodo.net/

Consécration
Crédit photo: 
Women's ordination conference http://www.womensordination.org
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Commentaires

Auteur du commentaire: 
Anne-Joelle Philippart
Très belle réflexion, Anne, à laquelle j'adhère. Je voudrais juste ajouter quelque chose que je sens omis. Ce n'est pas évident mais je m'essaye à cet exercice. Cet appel à transmettre les sacrements et la parole de Dieu, la commenter, l'expliquer, la rendre signifiante aux autres, est avant tout quelque chose qui habite à l'intérieur de la personne touchée. C'est de l'ordre d'une expérience au coeur même de l'intime. Même en essayant d'enfouir cet appel, il revient. Le permafrost ne suffirait pas à l'étouffer. Se voir interdire de le faire, ça fait mal. Et essayer de le taire, c'est un peu comme essayer de contrer la mer qui monte avec des sacs de sable.  Ce n'est pas quelque chose qui se construit mais quelque chose qui surprend. Cela vient d'on ne sait où et sûrement pas d'une envie personnelle. C'est inexplicable et anti-rationnel. Donc rien à voir avec une envie de pouvoir, une envie de ce que l'autre aurait...C'est juste une expérience qui se vit dans la surprise.

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